mardi 9 octobre 2007

Interview

Que peut-on déjà dire du prochain album de Starving?
Claudia (chanteuse) : Tout d’abord, vu que nous avons composé pendant deux ans et que les membres du groupe ont changé (le groupe a un nouveau batteur et une nouvelle claviériste), on peut dire que ce nouvel album sera une renaissance. Le son et les thèmes seront différents mais Starving garde quand même des éléments qui font son identité. Il y a plus de maturité, tant dans le texte qu’au niveau des recherches sonores.

Comment qualifierais-tu ce nouvel album?
Cl. : Globalement, il est plus sombre. Il y a aussi des titres dansants qui s’alternent avec des titres plus calmes. C’est assez varié. Nous n’avons pas encore fait de scène avec les nouvelles chansons et nous sommes toujours un peu dans notre cocon. Nous manquons de recul pour déjà en parler. L’album se déclinera autour d’un concept et s’intitulera « les confidences d’Annabelle ». Nous avons créé un personnage fictif et l’album est son journal intime. Le disque sera fourni avec un livret dont chaque page représente une page de la vie d’Annabelle. Cette idée n’était pas vraiment notre intention au départ mais c’est ce qui est ressorti comme fil conducteur des compositions. C’est un univers assez particulier d’une fille qui a son propre regard sur la vie.

Les nouveaux enregistrements sont beaucoup plus produits que sur l’album précédent...
Cl. : C’est une motivation et un investissement plus fort vis-à-vis du groupe. Pour le premier album, on ne s’est pas impliqué de la même façon. Personnellement, je n’avais pas encore fixé mes repères. J’avais peu d’expérience en matière d’enregistrement. Tandis qu’à présent, je suis beaucoup plus présente, non seulement pour les enregistrements mais aussi pour chaque étape du mixage. Tout le travail réalisé pour le moment est en autoproduction. On a commencé le mixage de certains morceaux. Il y a encore du travail. L’album ne sortira pas avant 2008.

Vous avez émergé en même temps que d’autres groupes belges. Avec le recul, comment vois-tu cette explosion des « Sacrés belges »?
Cl. : Maintenant, je m’en détache. Concevoir qu’on est une grande famille qui s’aime juste parce qu’on fait de la musique, ce n’est pas vraiment mon truc. On a tous participé à l’expérience « Sacrés Belges » et je suis contente de l’avoir fait. En fait, j’aime faire de la musique et je m’amuse dans les concerts. Par contre, tout ce qu’il y a autour, je ne m’implique pas trop. Pour moi, il y a un manque de sincérité...

Aujourd’hui, il y a une féminisation du rock. Je pense à Superlux, Soldout, Legoparty… Est-ce que tu vois ces groupes comme une concurrence ou un soutien?
Cl. : Il n’y a pas vraiment de concurrence même si on dit que les filles entre elles, et c’est vrai, développe de la jalousie. Par contre, peut-être que les groupes un peu électro où des filles chantent sont plus comparables…

A propos de comparaison, on vous a souvent associé à Vive la Fête qui, comme vous, vienne d’enregistrer un nouvel album plus sombre.
Cl. : C’est un hasard total. Je n’ai pas encore entendu cet album. On a souvent eu cette comparaison, c’est vrai. On a un concert ce mois-ci au Charlatan et du côté néerlandophone l’association paraît inévitable.

Tournez-vous souvent en Flandre?
Cl. : Nous avons déjà joué au Charlatan pour le premier album. Mais bon, ce n’est pas facile vu qu’on chante en français. C’est déjà exceptionnel. Je suppose qu’ils sont intéressés. Pour le moment, comme nous n’avons pas beaucoup joué depuis un certain temps, nous n’existons plus pour beaucoup de monde, même du côté francophone. C’est avec des petits concerts de temps en temps que nous allons revenir….

Que souhaitez-vous pour la tournée à venir ?
Cl. : Il y a une volonté de ne plus rien laisser passer. Si ça se passe mal, je vais voir ailleurs. Ça fait dix ans que je mets de l’énergie dans Starving et je veux que ça se passe bien, sans frustration, ne fut-ce que vis-à-vis des personnes avec qui on travaille.

Devra-t-on attendre la sortie de l’album avant de revoir Starving régulièrement sur scène ?
Cl. : Nous allons faire des concerts avant pour rôder les morceaux. Nous allons essayer de trouver un lieu pour répéter un maximum avec un ingé son et un ingé lumière. Nous allons bien nous préparer. Il faut que ça se passe bien et que nous le sentions bien.

Est-ce que l’autoproduction est une contrainte ou un avantage?
Cl. : (Sans hésitation) Un avantage ! On a une totale liberté créative, sans bâton dans les roues. Nous avons appris à travailler ensemble. Nous nous sentons bien. Mais l’argent s’épuise et nous devons encore travailler. C’est un choix de production

Est-ce que vous avez fait appel à des personnes extérieures pour l’enregistrement de cet album?
Cl. : Nous avons eu l’aide de Jo (Johan Delforge). C’est chez lui qu’on a fait les prises. Le pré-mix, c’est lui et moi. Nous avons travaillé tous les deux pendant des nuits complètes. Il y a beaucoup d’improvisations et on a beaucoup déliré. Maintenant, nous ne savons pas si nous allons continuer à travailler ensemble. Nous avons d’autres propositions et nous nous tâtons…

Aujourd’hui, il y a de groupes sur le marché. N’avez-vous pas peur d’être noyé dans la masse ?
Cl. : Oui, bien sûr. Mais nous gardons les pieds sur terre. Nous savons qu’il y aura toujours des disques mieux conçus avec d’autres moyens de production. Nous restons à notre niveau, sans prétention.

Quels sont les nouveaux objectifs de Starving?
Cl. : C’est le plaisir de la musique et de jouer en concert. C’est clair que ce qu’il y a autour, faire un album, voyager et continuer à jouer en groupe, nous plaît beaucoup. Nous souhaitons faire un maximum de concerts et pas seulement en Belgique, mais aussi au Canada et en France.

Ta petite sœur est bassiste dans The Diplomat. Avez-vous un projet musical ensemble?
Pourquoi pas, j’aimerais bien. J’ai aussi une autre soeur et nous nous entendons très bien toutes les trois. Nous devons d’abord travailler chacune de notre côté sur nos projets respectifs. Notre troisième sœur aimerait travailler les sons et les machines. Pour le moment, je suis à fond dans mon truc. Et je suis contente de voir ma soeur impliquée dans Diplomat. Ça a changé sa vie du jour au lendemain. Pour le moment, je vais la voir en concert. Avant, c’était elle qui venait me voir.


Propos recueillis par David Dehard
www.clubplasma.be